studio-babel est un opéra numérique d'échelle urbaine, qui tente de renouveler l'espace public en le scénarisant, en le re-présentant autrement. Identité individuelle et appartenance collective, ancrage local et imaginaire planétaire sont au coeur des problématiques travaillées par cette nouvelle installation.
studio-babelconstruit un voisinage mondial articulant les attachements identitaires contemporains, interrogeant l'émergence de formes hybrides, et assemble le cercle familier et composite de notre entourage quotidien avec l'altérité radicale, luxuriante, instable, du système monde.
Car derrière l'échelle locale de sujets apparemment ancrés dans une identité stabilisée, situés dans un temps et un espace nécessaires, s'échangent époques et références, se bricolent des attachements inconnus, certains savants, d'autres étourdis. Ces hybridations bouleversent et renouvellent les ancrages identitaires et les formes héritées. Des stabilités millénaires s'effacent ou s'exacerbent, s'enchâssent dans des formes identitaires floues ou les rejettent, traversent des turbulences browniennes où elles se nouent, s'affolent, s'apprivoisent, ou disparaissent pour un nouveau millénaire.
Pour cerner ce système-monde, studio-babel conjugue différentes échelles de travail : un processus local d'adresse à la population utilisant un studio ambulant d'échelle urbaine qui se déploie d'un site à l'autre de l'espace public, jouant du bouche-à-oreille et de l'effet d'intrigue. Un second processus de proximité, mais disséminé sur la planète, où la plasticienne Maryvonne Arnaud réalise une encyclopédie photographique des attitudes sociales et des postures culturelles alors que le compositeur Bernard Fort dans un troisième cercle converse avec des habitants et en immortalise le grain de la voix dans leurs multiples langues maternelles.
Sons et images d'origine mondialement locale sont ensuite finement ciselés puis assemblées numériquement dans un système dynamique composé en commun avec Philippe Mouillon.
Lors de sa création en avril 2011, à l'invitation du festival Les Détours de Babel, l'opéra fut généré aléatoirement en continu durant 360 heures sur 3 écrans de 7 mètres de hauteur et 16 pistes sonores.